Le couple a la chasse et en field

Qu'il s'agisse de chasse ou de compétition, le couple est à la fois un problème et une solution de dressage.

A la chasse, on préfère éviter deux chiens qui se jalousent de trop tandis que l'amateur de field-trial appréciera toujours une bonne bagarre à la loyale entre deux sujets très rapides mais très bien dressés.

Il est donc aisé de comprendre que chacun abordera le couple différemment selon ses objectifs.

En général, le chasseur profite souvent de l'expérience de ses vieux chiens pour démarrer les jeunes. Le puppy commence sa carrière derrière le pré retraité et apprend progressivement les subtilités du métier sans jamais oser contredire le « vieux ». Puis, un beau jour, il se retrouve seul dans le bois et il lui faut bien s'adapter à cette nouvelle situation : c'est lui le patron. Bien entendu, au début il hésite un peu, cherche ses marques, son modèle puis rapidement se lance. Une saison plus tard, il est comme un poisson dans l'eau et se surprend même à oser quelques initiatives qu'il ne se serait jamais permis par le passé.

Plus tard, son tour de moniteur arrive et il observe avec stupeur ce jeune « tout fou » qui le suit partout : bien entendu, sa première réaction est de l'ignorer totalement mais loin de décourager l'intrus, cette attitude semble au contraire le motiver encore plus puisqu'il va même jusqu'à lui aboyer dessus quand il s'arrête pour satisfaire un besoin naturel. L'ignorance étant donc une arme d'aucun secours en la circonstance, sa deuxième réaction va donc être de le pousser à la faute : un chevreuil démarre et, aussitôt, il fait mine de le poursuivre en s'assurant bien du coin de l'oeil que la bleusaille suit derrière. Très vite, il se laisse doubler par le débutant qui a l'impression de dépasser son professeur et revient immédiatement sous le fusil, l'air de rien... La jeune recrue réapparaît une heure plus tard, langue pendante et pattes boueuses. Quelle jubilation de le voir se faire passer un savon, bien mérité et bien utile...

Bon an, mal an, il finit par s'habituer à cette jeune brute qui n'a pas que des défauts et décide finalement de lui faire profiter des quelques trucs que le « vieux « lui a appris.

Il faudra bien quelques saisons pour former un jeune chien d'autant que selon les caractères du moniteur et de l'élève, le couple fonctionnera plus ou moins bien. De ce point de vue, il faut reconnaître que les chiennes sont souvent par nature d'excellentes monitrices.

Certains sujets se laisseront complètement dominés et n'oseront jamais exprimer leur propre personnalité toujours soucieux de la réaction de leur aîné.

Bien souvent, il leur faudra plusieurs saisons de chasse pour s'exprimer quand il se retrouveront seuls. D'autres chiens disposeront d'un physique très supérieur à la moyenne et ne profiteront d'aucune leçon trop occupés à faire leur propre expérience 200 mètres devant. Dresser un jeune chien en couple est donc une excellente solution mais il faut un moniteur à la hauteur si on ne veut pas former des chiens avec toujours les mêmes défauts.

En concours, le couple devient une épreuve où il faut maintenant gagner pour devenir champion (pour les races britanniques) et on ne peut donc plus compter sur un coup de chance pour y parvenir.

Certains dresseurs dressent tous leurs jeunes chiens en couple, d'autres préfèrent lâcher leur jeune élève avec un autre que lorsque la nouvelle recrue est parfaitement dressée. Ce sont deux écoles mais si l'on a qu'un seul chien, une seule méthode s'impose forcément.

Un chien très bien mis en solo va produire son parcours type sans se préoccuper de son concurrent car courir en couple est une réelle qualité naturelle. La présence de l'autre chien permettra de tester et de renforcer son dressage. Dans ce cas, lors des premières sorties, l'utilisation d'un jeune chien qui va forcément le pousser à commettre toutes les fautes sera un choix très judicieux.

Mettre un jeune chien en couple très jeune sert principalement à le démarrer mais certainement pas à lui apprendre à courir dans cette discipline : c'est inné et le reste s'appelle de l'expérience.

Encore une fois, le choix du moniteur est très important : il ne faut pas qu'il soit trop fort physiquement, cela découragerait trop le débutant et il faut qu'il soit parfaitement dressé pour offrir un modèle de travail parfait.

Lors des premières sorties, le moniteur emmène son élève sur ses premiers oiseaux et quand il s'agit de bécasses, par exemple, c'est beaucoup de temps gagné par rapport à celui qu'il aurait fallu pour aller de places en places tenter de le mettre en présence. Avec les perdreaux, les choses sont plus simples mais deux ou trois excellents points pris par le moniteur resteront certainement gravés dans la mémoire du jeune chien. Très vite, celui-ci copie le travail de son aîné et commence à rechercher les oiseaux en utilisant ses propres qualités naturelles : vitesse et entreprise, sens du terrain et de la place, nez et décision. Si vous ne ressentez pas assez rapidement cette progression, il est peut-être temps de vous poser quelques questions sur l'avenir de votre poulain. Par contre, s'il passe son temps à talonner son moniteur sans jamais chercher à prendre ses propres initiatives, vous ne commettrez aucune erreur en vous en séparant au plus tôt : il n'est sûrement pas fait pour la compétition et tout particulièrement en couple. Il en est tout autrement de certains jeunes chiens qui se déclarent assez tardivement : ils galopent et ne semblent pas vraiment se déclarer. Pour ceux-là, le couple est très bénéfique. Il faut alors beaucoup de patience et continuer de les sortir pour avoir la bonne surprise de les voir prendre tout autant de points que les autres quelques années plus tard. Certains s'impatienteront mais ils ont tort car certaines souches produisent beaucoup de chiens qui sont très sensibles de nez ce qui va très souvent de paire avec la précocité d'arrêt. Comme dans les chevaux, certains gagnent à 2 ans mais ils sont l'ombre d'eux-mêmes à 4 ans.

Dès que le jeune puppy a compris ce qu'on attend de lui, il faut aussi faire courir seul pour qu'il apprenne l'indépendance et exprime sa propre personnalité. N'oublions pas qu'il doit tout de même gagner en solo avant de concourir en couple.

Plus tard, on changera le plus souvent possible de « sparing partner » pour éviter toute routine et l'habituer à la compétition : en concours, c'est un chien nouveau qu'il faut affronter tous les deux jours !

Que cela soit à la chasse ou en field, le couple est une discipline passionnante où s'affrontent les qualités naturelles, les intelligences et les personnalités et c'est bien la raison pour laquelle les juges doivent définir clairement sur quelles bases ils fondent leur jugement et quelles sont les qualités naturelles à rechercher sinon l'épreuve s'apparentera plus à du patinage artistique... en couple qu'à de la quête de chasse.

Ce ne sont ni les dresseurs, ni les éleveurs qui font les races de chien d'arrêt, ce sont les juges et il semble donc tout à fait logique qu'ils n'agissent pas au gré de leurs humeurs, à la tête du client ou pire encore en fonction de leurs intérêts mais avec le réel souci de les améliorer.

Thierry Hamon
Dresseur Professionnel

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