Quel avenir pour les fields ?

Pour beaucoup les fields doivent être à l'image de la chasse et permettre ainsi le maintien et même, si c'est encore possible, l'amélioration des différentes races de chiens d'arrêt.

Aujourd'hui, on constate que ce sont surtout les allures qui font l'objet de toutes les attentions et de toute l'admiration de la cynophilie. Il ne faut pas plus d'un lacet ou deux à un juge confirmé pour savoir si le chien qu'on lui présente peut faire le CAC ou pas. Très souvent, le chien qui a l'allure CAC doit se contenter ( au sens qu'on ne lui demande pas de prouver qu'il est un grand trouveur et non pas au sens de la facilité qu'il y aurait à faire ce genre de prestation) de ne faire aucune faute technique pour gagner : un parcours étendu sur les côtés, une bonne profondeur de quête, aucune pose d'arrêt ou ralentissement pour vérifier une piste et un arrêt suivi d'une sagesse parfaite lui permette d'accéder à la plus haute récompense. Beaucoup de chiens sont dressés pour produire ce type de parcours et il leur suffit de prendre un point de temps en temps pour gagner. C'est certainement une dérive de la compétition : la tentation de fabriquer un champion par le dressage mais malheureusement très peu de juges sont capables de déceler ce genre de maquillage car c'est souvent du grand art. Dans ce cas, le crack, c'est plutôt le dresseur.

Si la vitesse et le style sont les deux composantes de l'allure inhérente à une race, on est en fait bien loin des préoccupations de la plupart des chasseurs qui, eux, sont beaucoup plus sensibles à la beauté, à la puissance de nez et à l'équilibre du sujet qu'on leur propose.

Quant au dressage, c'est l'arrêt ferme, le rapport et un excellent rappel qui font l'unanimité. On est alors assez loin de l'élimination pour 3 poses d'arrêt servies et des subtilités techniques d'un parcours de couple en britanniques.

A propos du couple, je connais plus de chasseurs qui chassent seuls avec deux ou trois chiens en même temps et qui évitent les autres que de sportsmen qui recherchent la confrontation avec les chiens du voisin.

Il faut donc bien en convenir les fields sont devenus un sport à part entière et il est devenu très difficile pour un simple amateur de se frotter à cette élite du chien d'arrêt. Même les TAN deviennent de véritables concours avec des enjeux nationaux : on croit rêver...

La grande question que doivent se poser les président de club de races et les organisateurs de fields, c'est bien de savoir ce qu'ils veulent faire, comment et avec qui mais il semblerait que personne ne souhaite s'interroger sur l'avenir et déterminer les grandes orientations de la cynophilie de demain.

Il y a environ deux ans, l'Officiel du Chien de Chasse avait demander à une quinzaine de personnes des plus influentes (que nous ne citerons pas ici mais qui se reconnaîtront sans doute) de répondre à cette question de l'avenir des fields en France. Aucune réponse n'est jamais parvenue à la rédaction du journal : prudence politique, désintérêt pour la question ou peur du vide...On ne le saura sans doute jamais...

A cette époque, le printemps connaissait un succès grandissant et les organisateurs surfaient sur la vague, cherchant plutôt à limiter le nombre de participants qu'à justifier leurs décisions.

2009, la vague c'est retirée et c'est marée basse... Il faut bien reconnaître que les fields de printemps n'ont jamais été autant menacés : difficultés croissantes pour entraîner et organiser des concours. La réelle baisse des populations de perdrix en France permet-elle encore l'organisation d'une véritable saison de printemps avec un circuit régional. Jusqu'à aujourd'hui, c'est le nord de la France qui fournissait les terrains les plus riches en perdrix mais il semblerait que les lendemains risquent d'être difficiles comme ils l'ont été en Beauce, les années passées.

Il en est de même pour l'entraînement : tous les dresseurs d'Europe se pressent en Espagne où les terrains vifs en oiseaux deviennent également limités et se négocient à prix d'or.

En France, soit il n'y a plus de perdreaux pour entraîner, soit les chasseurs s'inquiètent de voir les populations baisser et interdisent l'accès aux terrains par pur réflexe protectionniste alors qu'il n'y a aucune cause à effet, bien au contraire.

Beaucoup se pose donc la question en ses termes et envisagent même d'organiser des compétitions sous drapeaux français à l'étranger. Les italiens sont déjà dans cette situation et leur championnat se déroule maintenant entièrement en Serbie. Les fields en exil comme la jet set qui fait la fête à Ibiza, loin de la crise...

Toutes ces questions sont cruciales quant à l'avenir des fields et donc du chien d'arrêt en France. Beaucoup de chasseurs et d'éleveurs se les posent mais personne ne semble vouloir leur répondre : peut-être n'a t-on plus besoin d'eux et préfère t-on vivre en circuit fermé ? Encore faudrait-il qu'il y ait une véritable logique économique à ce sport pour qu'il se suffise à lui-même.

Les fields sont-ils au service des races, de la chasse ou encore du sport ?

Je ne pense pas m'avancer pour dire que si quelque personne avait quelques idées sur toutes ces questions, ces colonnes lui seraient sûrement grandes ouvertes.

Thierry Hamon

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